Drame psychologique. Une quête intérieure où la
recherche du moi débouche sur la découverte de l'autre.
Otsiémi aborde le problème de la
transplantation en Afrique Centrale où l'idée que le corps est
indissociable de l'âme est couramment répandue. Ainsi, le
transplanté est habité par le fantôme du donneur, et si celui-ci
est encore vivant, c'est d'autant plus insupportable. on devient
une sorte d'esclave mental de l'Autre.
Dans un hôpital de
Libreville, le jeune Loye, victime d'un terrible accident de la
circulation, émerge d'un long coma. Au moment même où il prend
conscience de son amnésie, on lui apprend qu'il doit sa survie à
la transplantation d'un rein, provenant d'un donneur anonyme.
De retour parmi les siens, il part à la quête de lui-même,
réapprenant son existence avec une sensibilité renouvelée ; mais
à la place du “moi”, il ne découvre que “l’Ombre, ce flou qui
embrume mon cerveau, cet Autre que je porte en moi”. Et le démon
du dédoublement finit par brouiller définitivement ce qui lui
restait de sa personnalité…
Prix du Premier Roman Francophone 2000 de l'Union Gabonaise des
Enseignants pour la Culture Francophone, ce récit étonnant à
plusieurs voix, où le narrateur, avec une verve poétique et
cristalline est partagé entre un sentiment de rédemption et
celui de révolte, est un cri d'alarme : “L'enfer n'est pas
autour de moi ni devant moi, encore moins derrière moi, mais en
moi. L'enfer, c'est moi sans l'Autre”.